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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 22:52
LOS NIÑOS DE SEPTIEMBRE

a Jules Supervielle

El bosque estaba cubierto de brumas bajas,

Desierto, pleno de lluvia y silencioso;

Mucho tiempo había soplado ese viento del Norte en el cual pasan

Los Niños Salvajes, que huyen hacia otros cielos,

En  grandes veleros, al atardecer, y muy altos en el espacio.

 

Había sentido soplar sus alas en la noche,

Cuando habían bajado a buscar las zanjas

Donde quizás se esconderán todo el día;

Y este llamado inconsolable de pájaros salvajes

Triste, sobre las marismas  por donde huyen los pájaros.

 

Después de haber sorprendido el deshielo de mi cuarto,

Al alba, me iba al del lindero del bosque;

Bajo una luna de niebla de ámbar,

Di con la huella, a veces incierta,

Al borde del sendero de un niño de Septiembre.

 

Los pasos eran ligeros y tiernos, pero confusos,

Al principio se cruzaban en medio de los huillones

Bajo la sombra, tranquila, él había tratado

De beber, para retomar sus juegos solitarios

Muy tarde, después del extenso crepúsculo mojado.

 

Y entonces, se perdían a lo lejos entre las hayas

Donde su pie apenas tocaba el suelo,

Me dije: quizás se dé la vuelta

Al alba, para buscar sus compañeros de vuelo,

Temblando de miedo que vayan a desaparecer.

 

Con certeza va a venir a estos parajes

A medio camino del claro que asciende hacia el oriente,

Con las grandes bandas de pájaros salvajes

Y los ciervos inquietos que buscan en el viento

La hora de abandonar la calma de los pantanos.

 

Amanece el día glacial sobre la marisma;

Me quedaba agachado en una espera ilusoria,

Mirando desfilar la fauna que volvía

En la sombra, los corzos temerosos que acababan de beber

El los cuervos chillones, en la cima de los árboles.

 

Y me dije: soy un niño de Septiembre,

Yo mismo, por mi corazón, la febrilidad y el espíritu,

Y la ardiente voluptuosidad de todos mis miembros,

Y el deseo que tengo de correr en la noche

Salvaje, después de dejar la asfixia de los cuartos.

 

Va a tratarme sin dudas como un hermano,

Tal vez me dé un nombre entre los suyos;

Mis ojos lo colmarán de luces amicales

Si no le da miedo, al verme de pronto

Con los brazos abiertos, correr hacia él en el claro del bosque.

 

Salvaje, se escapará como un pájaro herido,

Le seguiré hasta que tenga piedad de mí,

Hasta que se detenga en pleno cielo, agotado,

Perseguido hasta la muerte, vencido, las alas plegadas,

Y los ojos resignados a morir, inclinados.

 

Entonces, lo tomaré en mis brazos, dormido,

Le acariciaré las puntas de las alas,

Y llevaré su pequeño cuerpo, entre

Los juncos, soñando con cosas irreales,

Reconfortado todo el tiempo por mi sonrisa amical…

 

Pero el bosque estaba cubierto de brumas bajas

Y el viento comenzaba a ascender hacia el Norte,

Abandonando a todos los que llevan las alas agotadas,

Todos los que están perdidos y a los muertos,

Los que van por otras vías por el mismo espacio!

 

Y me dije: no es en esos pobres brezales

Que los niños de Septiembre van a detenerse;

Tan solo uno separado de su pandilla

¿Podrá comprender, en solo una noche, la atrocidad

De esos pantanos desiertos y privados de leyenda?

LES ENFANTS DE SEPTEMBRE

       à Jules Supervielle.
 

Les bois étaient tout recouverts de brumes basses,
Déserts, gonflés de pluie et silencieux ;
Longtemps avait soufflé ce vent du Nord où passent
Les Enfants Sauvages, fuyant vers d'autres cieux,
Par grands voiliers, le soir, et très haut dans l'espace

J'avais senti siffler leurs ailes dans la nuit,
Lorsqu'ils avaient baissé pour chercher les ravines
Où tout le jour, peut-être, ils resteront enfouis ;
Et cet appel inconsolé de sauvagine
Triste, sur les marais que les oiseaux ont fuis.

Après avoir surpris le dégel de ma chambre,
A l'aube, je gagnai la lisière des bois ;
Par une bonne lune de brouillard et d'ambre
Je relevai la trace, incertaine parfois,
Sur le bord du layon, d'un enfant de Septembre.

Les pas étaient légers et tendres, mais brouillés,
Ils se croisaient d'abord au milieu des ornières
Où dans l'ombre, tranquille, il avait essayé
De boire, pour reprendre ses jeux solitaires
Très tard, après le long crépuscule mouillé.

Et puis, ils se perdaient plus loin parmi les hêtres
Où son pied ne marquait qu'à peine sur le sol ;
Je me suis dit : il va s'en retourner peut-être
A l'aube, pour chercher ses compagnons de vol,
En tremblant de la peur qu'ils aient pu disparaître.

Il va certainement venir dans ces parages
A la demi-clarté qui monte à l'orient,
Avec les grandes bandes d'oiseaux de passage,
Et les cerfs inquiets qui cherchent dans le vent
L'heure d'abandonner le calme des gagnages.

Le jour glacial s'était levé sur les marais ;
Je restais accroupi dans l'attente illusoire,
Regardant défiler la faune qui rentrait
Dans l'ombre, les chevreuils peureux qui venaient boire
Et les corbeaux criards, aux cimes des forêts.

Et je me dis : je suis un enfant de Septembre,
Moi-même, par le coeur, la fièvre et l'esprit,
Et la brûlante volupté de tous mes membres,
Et le désir que j'ai de courir dans la nuit
Sauvage, ayant quitté l'étouffement des chambres.

Il va certainement me traiter comme un frère,
Peut-être me donner un nom parmi les siens ;
Mes yeux le combleraient d'amicales lumières
S'il ne prenait pas peur, en me voyant soudain
Les bras ouverts, courir vers lui dans la clairière.

Farouche, il s'enfuira comme un oiseau blessé,
Je le suivrai jusqu'à ce qu'il demande grâce,
Jusqu'à ce qu'il s'arrête en plein ciel, épuisé,
Traqué jusqu'à la mort, vaincu, les ailes basses,
Et les yeux résignés à mourir, abaissés.

Alors, je le prendrai dans mes bras, endormi,
Je le caresserai sur la pente des ailes,
Et je ramènerai son petit corps, parmi
Les roseaux, rêvant à des choses irréelles,
Réchauffé tout le temps par mon sourire ami...

Mais les bois étaient recouverts de brumes basses
Et le vent commençait à remonter au Nord,
Abandonnant tous ceux dont les ailes sont lasses,
Tous ceux qui sont perdus et tous ceux qui sont morts,
Qui vont par d'autres voies en de mêmes espaces !

Et je me suis dit : Ce n'est pas dans ces pauvres landes
Que les enfants de Septembre vont s'arrêter ;
Un seul qui se serait écarté de sa bande
Aurait-il, en un soir, compris l'atrocité
De ces marais déserts et privés de légende ?

Patrice de la Tour Du Pin

                                                                                 (Trad. AVZ)

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Published by Armando VALDES-ZAMORA
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